Durant l'occupation très rares étaient ceux qu'on appelait "les chargés d'enseignement".C'étaient des indigènes brillants qui n'avaient pas ou auxquels on ne donnait pas les moyens de poursuivre leurs études .
On les autorisait quand même à enseigner aux indigènes (le tout venant:petits et grands,certains,fils de caîd et autre nantis étaient imposés à l'enseignant par leurs puissants parents)dans des régions enclavées loin de chez eux à la merci de ceux qui étaient chargés de maintenir leurs frères dans leurs conditions d'indigènes.
Une fois indépendants ,ces enseignants ont pris en main l'éducation dans leur pays fraichement libéré;
Arrivés dans une commune pour inspecter un enseignant qui cumulait les postes de responsable et de chargé de cours pour un salaire unique,à leur grand etonnement,l'inspecteur et son assistant (qui sillonnaient sans relache toute la région)ne trouvèrent pas le maître en classe.Les élèves leurs apprirent qu'il s'était enfui par la fenêtre quand il les a aperçus.
Alors qu'ils s'apprêtaient à repartir,il vint vers eux,complètement saoûl pour leur dire ceci:
Il est des circonstances où la conscience devrait avoir un devoir d'indulgence!
Comme quoi" sekrane ou yaâref beb darou".Il reconnaisait sa faute.^
Ce souvenir est toujours là .L'un de ces inspecteurs,ayant largement dépassé les 80 ans l'évoquait pas plus tard qu'hier et reconnaissai t la valeur de cet enseignant,décédé depuis,que Dieu aient leurs âmes ces enseignants qui ont fait plus que leur devoir!